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Archives - Echos de la presse 2001

 

16 novembre

La restauration de la cathédrale touche à sa fin... avant la prochaine !

La cathédrale Saint-Nicolas n'en finit pas de souffrir des assauts du temps et de la pollution. Prévue sur 12 ans et devisée à 16,5 mio de francs, la dernière phase de sa restauration actuelle va enfin démarrer. Des projets de mise en valeur sont dans les cartons.

A voir la cathédrale Saint-Nicolas débarrassée de ses échafaudages, on pourrait penser que sa restauration est terminée et que l'on est tranquille pour un bon bout de temps. Misérables humains que nous sommes! En vérité, la restauration d'un monument d'une telle ampleur est une course perpétuelle contre les attaques du temps et l'incurie des hommes: Sisyphe des temps modernes, les architectes n'en auront jamais terminé (article ci-contre).

En fait, le cycle de restauration actuellement en cours a commencé en... 1929, avec la tour occidentale. En prenant la peine d'entrer, on se rendra d'ailleurs vite compte du travail qui reste à faire, simplement à contempler les voûtes des collatéraux (les allées sur chaque côté de la nef): à l'exception de deux d'entre elles à gauche du choeur, restaurées à la fin des années 80, toutes sont recouvertes d'une épaisse couche de suie et de crasse qui cache le décor d'"origine" (une intervention baroque qui, déjà en son temps, avait remplacé la version antérieure...).

Si la fourmilière d'architectes et d'artisans s'est faite, il est vrai, un peu plus discrète ces dernières années (on a interrompu les travaux intérieurs au moment du bicentenaire de la mort de Mozart, en 1991), c'est que le canton de Fribourg peaufine le détail de la dernière phase de la restauration en cours, une phase qui devrait débuter en 2002 pour se terminer douze ans plus tard. Coût estimé: 16,5 millions de francs, répartis entre canton et Confédération. Et ensuite? On recommencera, sans doute avec la tour occidentale...

L'ÉTAT DES LIEUX "C'est vrai, nous avons fait une pause, explique Claude Castella, conservateur au Service des biens culturels. Pourtant il ne s'agit pas d'un coup d'arrêt, mais d'un report de priorités au vu des urgences mises à jour par nos études. Ainsi, le portail occidental a pu être restauré de 1991 à 1997, peu après les stalles." Cette pause a donc servi à faire le point sur ce qui reste à accomplir et une équipe d'experts s'est mise au chevet de la cathédrale vieille de 700 ans. Dirigée par l'architecte Stanislas Rück, mandaté par la commission de restauration de la cathédrale, l'équipe rendra ces prochains jours son diagnostic précis sur l'état du bâtiment, de sa structure, de sa décoration et de son mobilier. A partir de là, les travaux seront planifiés dans un ordre logique (détails ci-dessous). Actuellement, on peut dire que l'"enveloppe" (toiture et charpente) est assainie et que la structure générale du bâtiment et ses éléments constitutifs sont bons, même si, localement, une remontée chronique d'humidité est à déplorer. La corniche est refaite par endroits, mais ailleurs l'humidité attaque la pierre, notamment sur les balustrades de la corniche. Faiblesse typique des cathédrales, les fissures qui apparaissent à la jointure de la tour et de la nef, à cause des différences colossales de charge entre les deux parties, sont régulièrement contrôlées. Enfin, malgré les travaux réalisés au milieu du XX,', la molasse de la tour présente des croûtes qui se détachent.

Principale accusée: la pollution, bien sûr. Quotidiennement, ce sont 25 000 véhicules qui frôlent la grande dame à moins d'un demi-mètre! Chaque jour, ce sont 20 milligrammes de plomb et dix grammes de poussière qui recouvrent chaque mètre carré de molasse. Avec un tel régime, les délais entre deux restaurations se raccourcissent, et d'innombrables détails des chefs-d'oeuvre sculptés sont à jamais perdus.

LE CHOIX DU STYLE Pourtant, l'essentiel des travaux restant à réaliser concerne l'intérieur, principalement les collatéraux et les chapelles latérales. Vu l'incroyable mosaïque de styles rencontrés, à quelle époque les architectes vont-ils rester fidèles? Si la tendance est à la conservation des lieux tels qu'ils apparaissent, la question reste ouverte pour les voûtains des collatéraux: que va-t-on trouver sous le badigeon grisâtre de surface? D'après les sondages et la restauration des deux premières voûtes, il est probable que le décor soit fragmentaire, mais de style baroque. Si tel devait être le cas, il sera restauré et complété. L'idée étant de restituer une certaine unité, comme l'explique Stanislas Rück.

Pour ce qui est de la nef centrale, déjà restaurée à la fin des années 80, on a privilégié le décor baroque du XVIIe serti dans son écrin gothique. En bon état, les vitraux de Mehoffer et de Manessier, ceuvres majeures qui donnent son unité à l'ensemble, seront simplement nettoyés et protégés par un vitrage extérieur. C'est pour les chapelles que le choix s'avérera délicat: elles sont d'époques différentes et ont été commandées par des "propriétaires" divers.

"Nous n'avons pas l'ambition de régler tous les problèmes, modère Charles-Henri Lang, architecte cantonal. Nous développons au contact de la cathédrale une certaine humilité. " Pour autant, le spécialiste relève l'extraordinaire travail de documentation qui aura été fait: "Les architectes qui viendront après nous auront beaucoup plus de chance que nous-mêmes... "

Pour chaque domaine, un catalogue raisonné très riche a été dressé qui s'attache non seulement à expliquer les choix artistiques, mais aussi à détailler chaque technique et matériau utilisés. "La doctrine actuelle en matière de restauration recommande la réversibilité des interventions: dès lors, tout est consigné dans un rapport, relève Ivan Andrey, responsable de la protection des biens culturels. Pour le portail ouest, le détail des opérations est épluché dans près de 40 classeurs fédéraux.

JnG

 

22 juin - Forum lecteur

Passons maintenant au pont de la Poya

Ce lecteur défend le pont de la Poya et propose une troisième variante à la sortie contestée.
L'acceptation massive du projet de contournement de Bulle - La Tour-de-Trême démontre à l'évidence que le citoyen est favorable à des projets routiers même coûteux lorsque ceux-ci apportent non seulement une amélioration des conditions de trafic mais également un gain en termes de qualité de vie dans les localités concernées. II n'y a donc pas de souci à se faire concernant un prochain scrutin sur le pont de la Poya qui répond lui aussi à ces conditions tout en y ajoutant la protection de notre vénérable cathédrale et du quartier du Bourg, berceau historique de notre canton.

Ce projet si nécessaire bute actuellement encore sur les divergences entre Etat et commune de Fribourg d'une part et milieux culturels (notamment commission fédérale des monuments) d'autre part. On sait en effet que le projet officiel, dont la galerie rejoint la route de Morat face à la caserne, semble inacceptable aux milieux culturels, alors que la variante B2, favorisée par ceux-ci, serait catastrophique pour les projets d'équipements sportifs de la commune de Fribourg, puisqu'une volumineuse sortie couverte de la galerie serait érigée entre la patinoire et la future salle de sport. Cette variante B2 coûterait en outre 18 à 20 millions de plus. Or, du fait que le service des ponts et chaussées n'a plus de souci à se faire pour l'avenir du projet A 189, il me semble que la voie est libre pour que l'Etat, la commune et les milieux culturels se mettent rapidement à table afin de trouver la solution acceptable pour tous.

Pourquoi n'y aurait-il pas place entre les deux variantes "extrêmes", actuellement en discussion, pour une solution médiane qui satisferait les uns et les autres? En créant rapidement un groupe d'étude représentant les divers intérêts en jeu, le comité de pilotage devrait pouvoir susciter la recherche d'une telle variante dans un délai raisonnable. A mon sens, la réflexion sur les solutions possibles n'est de loin pas épuisée. Le projet A 189 n'a lui non plus mûri en un jour! Maintenant que nos villes historiques Romont, Estavayer, Morat et Bulle ont ou auront leurs routes de contournement, celle de Fribourg n'en devient que plus urgente car la situation autour de notre cathédrale est anachronique et indigne au point de ternir sérieusement l'image de notre capitale et de notre canton.

BERNARD GARNIER, député Fribourg

La Poya et le palais à ordures

Ce lecteur donne des priorités à d'autres ouvrages.

A partir du 2 août prochain, le palais à ordures de Châtillon tournera à plein régime. Quelle bonne nouvelle! On pourra ainsi bientôt augmenter les taxes pour financer ce palais.

Deux ans de travaux, faisant suite au décret de novembre 1993, décidant d'un crédit d'étude. Un investissement de 120 millions de francs. Aucun dépassement de crédit à signaler. Nous voulons bien le croire. Mais ce serait la première fois qu'une construction publique respecte le budget.

Trente ans au moins que l'on discute, tergiverse pour construire le pont de la Poya. Et là toujours rien à l'horizon. Il faut admettre que ce pont n'est pas prioritaire. Que la cathédrale et les monuments adjacents se dégradent constamment, que l'histoire de Fribourg se désagrège, on s'en fout. Les vieilles pierres cela n'a jamais beaucoup rapporté. Pas plus que l'art, l'histoire, la culture, des sujets de peu d'intérêt.

Et le théâtre de Fribourg, sujet dont on discute aussi depuis des décennies. Mais un théâtre ce n'est pas urgent. Les gens pourront toujours s'en aller admirer le palais des ordures. Ça c'est du vivant, du costaud.

Suggestion à ces autorités dont la vision est assez restreinte. Pourquoi ne pas apposer une plaque commémorative sur ce nouveau palais: ici furent incinérés les projets du pont de la Poya et du théâtre de Fribourg?

CHRISTIAN FÉLIX, Fribourg

 

8 mai

Ainsi pont, pont pont...

La SIA invite à un Agora sur le thème "L'insertion d'ouvrages d'art contemporains en tissu urbain ou site naturel sensible". Autant dire qu'il sera question de ponts, éventuellement de route de contournement, mais à coup sûr du château de la Poya. Rendez-vous demain dès 14 h 30 à l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg pour un débat public.

Insertion d'ouvrages d'art contemporains en tissu urbain ou site naturel sensible. Une fois traduit, cela donne: peut-on construire un pont contemporain, un ouvrage d'art, entre deux rives de la Sarine à Fribourg, d'autant qu'il aboutit dans le parc d'un château néopalladien? Le deuxième Agora organisé par la section fribourgeoise de la Société des ingénieurs et architectes (SIA) acroche clairement l'actualité du projet contesté de pont de la Poya.
Mais sa thématique se rapporte également au contournement de Bulle, l'Al 89, à la récente réalisation de l'Al en terre broyarde, voire à de plus anciens mais spectaculaires ouvrages comme le viaduc de l'A12 surplombant le lac de la Gruyère. De fait, c'est un débat beaucoup plus large et passionnant qui devrait s'engager demain après-midi.
Pont de la Poya - et les oppositions au projet qui se focalisent autour du parc et du château du même nom - ou A189: la SIA, assure l'architecte Georges Rhally, organisateur de l'Agora, n'est pas là pourjuger, mais pour donner des pistes de réflexion. Pour chercher l'ébauche de solutions optimales.

LE PONT, UN SYMBOLE FORT
De fait la question de fond est: peut-on ériger des ouvrages d'art parfaitement intégrés dans l'environnement bâti ou naturel? Avec le recul, certes. Mais...
C'est l'archéologue, historien et géographe Jean-Pierre Dewarrat (également chroniqueur pour La Liberté) qui ouvrira les feux dès 14 h 30 en évoquant l'histoire des ponts, leur signification culturelle et leur importance dans l'organisation de la communication humaine. Au-delà de l'objet, le pont est un symbole fort, proprement culturel, du passage, de la liaison routière. Fribourg, tout comme Berne, en savent quelque chose: villes de ponts, cités définies par le franchissement voulu de plus en plus rationnel du cours d'eau, milieux bâtis confrontés à l'engorgement moderne.

C'EST BEAU, UN PONT
Et si l'on s'appliquait à construire de beaux ponts? L'architecte René Giger y croit. Pour autant que l'on s'ingénie à ouvrager de telles réalisations. C'est-à-dire à compléter les solutions techniques, mathématiques, matérielles des ingénieurs par une compréhension du paysage, des connexions entre l'ouvrage d'art et le milieu bâti, ou l'environnement naturel. Dans un texte, publié par la revue de la SIA en mars 1996, où René Giger définissait le vocable d' "ouvragiste" qu'il avait créé, l'architecte constatait que "les ouvrages de génie civil, longtemps décriés jusqu'à en perdre le droit de porter le nom d'ouvrages d'art, suscitent ces dernières années un regain d'intérêt. Les exigences de qualité imposées par l'environnement social des projets et les risques croissants d'oppositions locales ont stimulé la créativité des concepteurs d'ouvrages, qui renouvellent leurs approches en puisant leur inspiration dans la réflexion site-ouvrage."
Concrètement, la réflexion se déplace des soucis purement techniques ou économiques vers une perception globale de l'intégration d'un pont, d'une autoroute. C'est ce que René Giger nomme "le concept de ligne". A savoir la pondération entre l'économie de la réalisation (unité, logique de l'ouvrage à réaliser) et l'inscription de celle-ci dans l'environnement. René Giger a notamment collaboré aux réalisations architecturales nécessaires au passage du TGV Méditerrannée dans le sud de la France.

ESTHÉTIQUE, PONDÉRATION
Enfin Bernard Houriet apportera le point de vue de l'ingénieur civil. Mathématicien, spécialiste reconnu des ponts haubanés, il évoquera "l'esthétique des ouvrages d'art", ou comment la pure mathématique se met en quête de l'ordre, de l'élégance. Un pont, relève Georges Rhally, est par définition Lin ouvrage en trois dimensions qui appelle volontiers et violemment la critique, puisqu'il définit durablement le paysage où il s'inscrit. Le premier pont du Gottéron s'élançant au-dessus d'une vallée sauvage mais libérant la circulation périphérique de Fribourg, ou le viaduc de l'Al 2 en Gruyère défigurant une rive mais offrant une vue panoramique profitable à l'image de la région, et encore l'Al généralement considérée comme tut succès technologique d'intégration douce dans un paysage difficile, autant d'exemples qui posent la question de la pesée d'intérêts.

RÉFLÉCHIR, ÊTRE SENSIBLE
Qu'est-ce que la beauté d'un ouvrage d'art? Faut-il qu'il disparaisse dans la nature ou qu'il impose son esthétique? L'harmonie de ses dimensions ou de sa forme générale lui garantitelle le pardon, même s'il coupe une perspective naturelle? Pour Georges Rhally, l'Agora de la SIA se veut aussi titi appel à la réflexion et à la sensibilité des ingénieurs pour optimaliser la réalisation d'ouvrages nécessaires.

EN VILLE OU AUTOUR D'ELLE
De fait, la réflexion de ce mercredi après midi, notamment lors de la table ronde qui engagera le débat après les trois conférences (voir ci-contre) devrait logiquement s'engager sur le pont de la Poya. Car si l'Al est une réussite environnementale, l'intégration en milieu urbain, construit, est d'autant plus délicate lorsque ces constructions sont historiquement remarquables, posant des problèmes autrement plus complexes. Reste que le commune: ment de Bulle par l'Al89 mériterait également une part du débat.

Un pont est par définition un ouvrage en trois dimensions qui appelle volontiers et violemment la critique, puisqu'il définit durablement le paysage où il s'inscrit. [...]
Qu'est-ce que la beauté d'un ouvrage d'art? Faut-il qu'il disparaisse dans la nature?...

Jacques STERCHI

 

Un ouvrage d'exception

Il ne sera ouvert au trafic que dans quelques années, mais les spécialistes ont déjà beaucoup parlé, de lui: le pont du Sunniberg. Cette construction à câbles obliques, qui fait partie de l'évitement de Klosters (GR), a reçu le " Outstanding Structure Award 2001 ", prix par lequel l'Association internationaIe des ponts et charpentes (AIPC) récompense des ouvrages exceptionnels. Long de 526 mètres et coûtant 20 millions de francs, ce pont a été conçu par Christian Menn. ingénieur à Coire et spécialiste réputé dans ce domaine. La route d'évitement de Klosters (dont le gros morceau est le tunnel de Gotschna) ne sera mise en service qu'en 2007, si bien que le pont de Sunniberg ne sert pour l'instant qu'au trafic de chantier.

 

Profil
Alors que l'urgence de la réalisation du pont de la Poya ne fait que s'accroître et que l'emplacement du pont n'est pratiquement pas contesté, l'acceptation du projet par le Grand Conseil et le peuple risque de subir un retard très regrettable. Il serait dû à l'opposition des commissions fédérales et cantonales des biens culturels qui veulent forcer une décision en faveur d'une variante faisant aboutir la galerie souterraine, qui traverse le parc de la Poya, à St-Léonard plutôt que directement à la route de Morat face à la caserne. Or cette variante coûterait 18 à 20 millions de plus et rencontrerait l'opposition de la Commune de Fribourg. Nous sommes convaincus que la réhabilitation prévue du parc de la Poya, actuellement terrain militaire et stationnement du cirque Knie, est également possible avec la solution proposée par les Ponts et chaussées et nous tenons à assurer le directeur des Travaux publics de notre soutien. Comme l'a écrit Monsieur Roger de Diesbach dans La Liberté du 30 décembre 2000, il faut qu'à Fribourg on cesse de mettre les deux pieds sur le frein et qu'on réalise rapidement le pont et le théâtre. A notre sens, ces deux commissions rendent un très mauvais service au noyau historique de Fribourg et, par-là, à la promotion de notre bonne ville.

PLR de la ville de Fribourg

 

27 janvier

Pont de la Poya: Fribourg est un tout

Ce lecteur répond au comité du Parti radical qui critiquait la position des commissions du patrimoine.
Lpresse a annoncé que le comité u Parti libéral-radical de la ville de Fribourg contestait les prises de position des commissions cantonale et fédérale de protection du patrimoine relatives au projet du pont de la Poya. Ce comité n'hésitait pas à déclarer que les conclusions de ces commissions d'experts "rendent un très mauvais service au noyau historique de Fribourg et génèrent un surcoût disproportionné (20 millions) en optant pour la variante aboutissant sur le site Saint-Léonard>.
Les urbanistes ont démontré que le site bâti ne se limite pas à une ceinture de murailles. Le parc de la Poya est un élément constitutif du site historique de Fribourg, reconnu comme tel. Les commissions mises en cause sont conscientes de l'enjeu: améliorer les conditions de conservation d'un site historique auquel on attribue une importance internationale. En admettant que le site du château de la Poya est un élément constitutif du "noyau historique de Fribourg", on ne peut pas reprocher à ces commissions d'avoir été conséquentes avec leur mission. Le développement du dossier montre qu'une solution alternative permettrait d'éviter son amputation tout en présentant, selon les spécialistes, une meilleure cohérence avec le plan régional des transports.

La balle est actuellement dans le camp de la ville, propriétaire du secteur de Saint-Léonard. Son Conseil communal devra reconsidérer son premier non à la variante B2 en tenant compte des préavis des deux commissions, de la volonté du directeur de travaux publics d'aller de l'avant et des enjeux précités.
En cas de second refus, le Conseil communal obligerait l'Etat, soit à abandonner momentanément le projet, ce qui serait dommageable pour le patrimoine architectural de la ville, soit à ne pas tenir compte des préavis des commissions courant le risque de se priver de subventions fédérales (env 40 mios en l'état du projet) et prenant à sa charge l'entier du coût du projet: 80 millions.
Par contre, si le Conseil communal donne son aval à la nouvelle variante, les objectifs visés par le projet pourront pleinement être réalisés dans des délais acceptables et à un coût réduit pour l'Etat, 50 millions, si l'on tient compte des subventions fédérales.
La position du comité du PLR n'est pas celle de tous les radicaux. Il ferait bien de réviser son jugement en tenant compte du développement des études. Il participerait ainsi de manière constructive à la réalisation du projet Poya.

FRANÇOIS MERLIN Conseiller général radical, Fribourg

 

26 janvier - n° 218

Contrairement aux Verts, Jacques Eschmann pense qu'il faut réaliser le pont de la Poya.

" Il faut absolument libérer le Bourg et la Cathédrale de ces 25'000 véhicules. On est la seule ville d'Europe à avoir une cathédrale de cette valeur entourée de circulation. Il faut le faire aussi parce que c'est une condition de réalisation de la CUTAF ".
Les deux commissions de la Confédération qui s'opposent au subventionnement, ne s'opposent pas au pont, mais à la traversée du parc de la Poya par une galerie. " Ils seraient d'accord avec la variante qui passerait sous le remblai de CFF pour arriver au niveau du Stade St-Léonard. Avec ça, on perd au moins deux ans. Mais si on décide que le pont doit être ailleurs, on perd 10 ou 15 ans, ce que je ne peux pas accepter. "
Outre la CUTAF, Jacques Eschmann a un autre projet, lié au pont de la Poya, qui lui tient à coeur. C’est le réaménagement des espaces publics du Bourg, où l’architecte Weber prévoit de libérer le parvis de la cathédrale, la place Notre-Dame et la place des Ormeaux. " C’est un projet superbe qui est à la mesure de la richesse patrimoniale et architecturale de Fribourg ".

David Rossier et Jean-Marc Angéloz

 

17 janvier

Pont de la Poya: un retard inadmissible.

Ce lecteur regrette l'attitude des commissions des biens culturels.
Dans La Liberté du 10 janvier dernier, il est mentionné que M. Rainer Weibel propose de réaliser les trois quarts des objectifs de la CUTAF sans le pont de la Poya simplement en limitant le trafic privé et en libérant ainsi les axes routiers au profit des transports publics, dont la cadence et la vitesse commerciale seraient augmentées. Toutefois, M. Weibel oublie de préciser que ces axes sont en partie des ruelles datant du Moyen Age, enserrées entre des maisons anciennes et une vénérable cathédrale. La multiplication des passages de véhicules lourds TPF ne serait probablement guère profitable à nos monuments. Pour nous, la promotion et la mise en valeur de notre vieille-ville exigent une réduction globale du trafic aux abords de la cathédrale et dans le Bourg. Or, ce but ne peut être atteint que par 1a réalisation rapide du pont de la Poya qui créera mie voie de contournement et une liaison directe entre la route de Berne et celle de Morat.
Dans cette perspective, nous ne pouvons que déplorer l'opposition des Commissions des biens culturels fédérale et cantonale et leurs contradictions mises en évidence par votre collaboratrice MJN. L'atteinte portée au parc de la Poya par le projet actuel de galerie souterraine nous paraît négligeable par rapport à celle que subit quotidiennement le centre historique de Fribourg. A notre sens, le retard de la réalisation et le surcoût disproportionné (on parle de 18 à 20 millions) d'une variante aboutissant devant la patinoire Saint-Léonard ne se justifient pas, d'autant que la solution proposée par les Ponts et Chaussées ne compromet nullement le réaménagement de l'ancien parc de la Poya, actuellement mis à disposition de l'armée et du cirque Knie.

DENIS BOIVIN, Fribourg

Poya: lequel des deux a raison?

Voici un lecteur perplexe.

Le même jour, le 10 janvier, deux quotidiens romands, La Liberté et Le Temps, publient un article consacré au projet du pont de la Poya. S'appuyant sur des informations semblables, les deux articles donnent des éclairages diamétralement opposés de la situation.
En ce qui concerne les prises de position des commissions, Cantonale et fédérale, La Liberté relève des contradictions, une volte-face. Selon Le Temps, les commissions soucieuses du patrimoine ont en le mérite de susciter l'étude d'une variante de tracé pour la jonction à la rue de Morat )variante dite Saint-Léonard),
*sceptible d'ouvrir une nouvelle voie pour la réalisation du projet: "ce qui paraissait impossible il y a quelques années, à savoir préserver à la fois la cathédrale gothique du XIII ème siècle et le château de la Poya du XVII ème siècle, s'avère aujourd'hui tout à fait réalisable".
La Liberté relève la surprise de Claude Lâsser face aux positions changeantes des protecteurs des biens culturels. Le Tenips souligne l'ouverture du directeur fribourgeois des Travaux publics qui redonne espoir dans la réalisation du projet. La Liberté met en doute la possibilité de réaliser la variante Saint-Léonard, en indiquant que la ville de Fribourg a réagi défavorablement. Le Tenips relève que Dominique de Buinan, syndic de Fribourg, se dit prêt, à titre personnel, à entrer en matière.

Cherchez l'erreur.

Il est incontestable que les prises de position des commissions, pour peu que les autorités en tiennent compte, impliquent une adaptation du programme de réalisation du projet. Sans entrer dans une présentation détaillée des prises de position des commissions, qui permettrait de démontrer sans difficulté que l'accusation de contradiction est non fondée, il me semble ici important de rappeler que la manière de présenter les choses, de les donner à cornprendre, est toujours relative aux objectifs visés.
Dans les circonstances actuelles, deux attitudes étaient possibles: diviser et chercher les responsables d'un échec en ouvrant la chasse aux sorcières; rassembler et poser les conditions de réussite d'une entreprise commune. La première attitude, négative et non constructive, fait obstacle à une réalisation du projet. La seconde, positive et constructive, ouvre la voie à une réalisation prochaine. La Liberté a délibérément adopté la première attitude; Le Temps la seconde. Face à cette situation j'avoue ma perplexité.

FRANÇOIS MERLIN, Président de la Commission cantonale des biens culturels

 

10 janvier

Cathédrale contre château de la Poya ?

Ce lecteur revient sur l'article du 16.12.2000 annonçant deux préavis négatifs à propos du futur pont de la Poya, à Fribourg.


L'article donne presque l'impression que l'on va massacrer, le site du château de la Poya. Or, la route reliant le futur pont à la route de Morat passera en galerie sous le parc. Le trafic sera donc invisible et inaudible. Le rêve! Eh bien non! Les Commissions cantonale et fédérale de la protection des biens culturels trouvent "intolérable" la modification de la topographie du parc causé par la galerie. Cette faible atteinte justifie-t-elle le renvoi aux calendes grecques du projet, alors que la cathédrale Saint-Nicolas et le quartier du Bourg se rneurent dans le trafic? Les commissions ont complètement perdu le sens des priorités. Elles qui devraient se réjouir de voir enfin la réalisation du projet de la Poya, lui mettent des bâtons dans les roues.
Le site de la Poya possède certes une grande valeur, mais elle n'est quand même pas comparable à celle de la cathédrale et du quartier du Bourg, parties majeures de notre patrimoine. De plus, c'est une propriété privée, alors que la cathédrale et le Bourg sont des monuments publics dont tout le monde peut profiter. Il est incompréhensible et scandaleux que, pour éviter une faible atteinte au parc d'un château qui ne profite qu'à quelques privilégiés, ces commissions préfèrent voir le Bourg continuer de dépérir dans le trafic encore pendant Dieu sait combien d'années.
"La Liberté" traite un sujet aussi important comme on commente un match de tennis. Elle ne manque pas de donner complaisamment la parole au secrétaire de Pro Fribourg, Gérard Bourgarel qui-a-toujours-raison-contre-tout-le-monde, pour lequel ce préavis négatif est une "victoire" A écouter de telles personnes, Fribourg serait aujourd'hui une ville encore enfernée dans sa ceinture de remparts, sans train, sans université, sans industrie, sans grands magasins, sans école d'Ingénieurs, sans autoroute, occupée à mendier sa pitance à la Confédération en écoutant sonner l'angélus. Fribourg s'appellerais encore "Retrograd".

PlERRE-ANDRE DOUSSE - Villars-sur-Glâne

 

10 janvier

Des contradictions chez les protecteurs de biens culturels.

Des prises de position changeantes quant à un tracé qui, lui, n'a pas varié depuis plus de dix ans empêcheront que l'ouvrage ne soit soumis au peuple en même temps que le contournement de Bulle.

La commission recommande l'exécution de ce projet." "Après mûre réflexion, la commission est arrivée à la conclusion qu'elle ne pouvait pas donner son accord à cette variante. " Ces deux avis, émis à 19 mois d'intervalle, concernent un même objet - le tracé du pont de la Poya et de son prolongement - et émanent de la même instance: la Commission fédérale (les monuments historiques. A la Direction des travaux publics, on ne comprend pas ce qui apparaît comme une volte-face, observée aussi dans les prises de position de la Commission cantonale des biens culturels.
Pas du tout, se défend Claude Castella, conservateur cantonal et secrétaire de la commission. Lors de l'expertise d'avril 1999 (à laquelle il a participé, ndlr), il s'agissait d'un autre stade d'analyse, explique M. Castella. Invités à comparer la variante Montrevers (qui aboutissait au-dessus de la porte de Morat) avec le projet officiel, les experts n'auraient envisagé que l'aspect visuel et urbanistique. Leur détermination en faveur du tracé officiel était pourtant assez détaillée: "Le projet prend en considération la sauvegarde du relief urbain de la ville, les monuments adjacents, l'axe architectural et la visibilité entre la falaise du quartier du Bourg et celle de la Poya avec son château". "Avec les plans dont elle disposait, la commission fédérale n'avait aucun élément lui permettant d'évaluer l'impact du tracé officiel sur le château ni sur le parc", argumente M. Castella. D'après Knud Sunier, ingénieur aux Ponts et Chaussées et responsable du projet de pont, les experts ont eu en main des plans au 1000', correspondant en tous points à ceux mis à l'enquête en août 99.

DE OUI-MAIS A NON-MAIS
L'ingénieur rappelle aussi que le tracé du pont figurait déjà, avec sa galerie, dans le plan d'affectation des zones élaboré en 1986 et adopté en 1991 par le Conseil d'Etat. De plus, le conservateur des biens culturels de l'époque a participé en 1992 à une séance d'information sur le projet Poya qu'il approuvait. Sollicitée avant la mise à l'enquête publique, la Commission cantonale des biens culturels a donné un préavis positif en demandant aux bâtisseurs de prendre des précautions pour protéger le château, préserver son bûcher et en suggérant de profiter du projet pour étudier la revalorisation du parc actuellement utilisé comme terrain d'exercice militaire.
La réponse n'ayant pas été jugée satisfaisante, la commission a opposé son veto au projet. "Nous avons passé d'un "oui-mais" à un "non-mais", tempère Claude Castella. Le tracé avait pourtant été sensiblement amélioré, assure Knud Sunier. En déplaçant légèrement l'axe de la galerie, en l'enfouissant plus profondément, en réorganisant les voies de circulation pour passer de quatre à trois, les ingénieurs avaient trouvé le moyen de ne plus toucher au bûcher ni au mur de soutènement du château, de permettre le replantage d'arbres et la reconstitution de l'allée de tilleuls qui traverse le parc, de faciliter l'accès au château et de diminuer l'impact visuel du portail de la galerie.
Insuffisant, rétorquent les protecteurs de biens culturels qui ont, entre-temps, jeté leur dévolu sur un autre tracé censé contourner le parc et aboutir dans le secteur de Saint-Léonard. Il s'agit de préserver le parc de la Poya (57000 ml que le canton, propriétaire, met à disposition de l'armée, du cirque et d'autres grandes manifestations) qui forme un tout avec le château. Cela suppose toutefois de reprendre les études, de perdre un certain nombre d'années et d'augmenter la note de 20 millions de francs (le budget actuel est arrêté à 80 millions).
"Si tout le monde fait preuve de bonne volonté, on perdra cinq ans à tout casser; or, qu'est-ce que cinq ans ou 20 millions de francs face à un projet à l'échelle du siècle"? interroge M. Castella qui voit dans le parc "un poumon important à l'échelle d'une ville qui s'agrandit". Rien ne dit, en revanche, que l'option Saint-Léonard n'aurait pas d'incidences pour le château, reconnaît le conservateur.
Or, dans sa prise de position (négative) du 12 décembre, la Commission fédérale des monuments historiques reproche au tracé officiel de "ne pas tenir compte de la valeur monumentale du château de la Poya et de son parc" et juge que le tracé longeant le parc en contrebas assurerait "à tons égards une meilleure préservation du site".

AUCUNE ANALYSE SÉRIEUSE
Diplomate, Claude Lâsser se dit juste "surpris" par les positions changeantes des protecteurs de biens culturels. "La commission cantonale ne s'est pas livrée à une pesée d'intérêts, c'est notre rôle", explique le directeur des Travaux publics en soulignant que ce préavis-là n'est pas impératif. Il en va différemment de celui de la commission fédérale qui, transmis à l'office fédéral des routes, peut entraîner la suppression des subventions (quelque 50%).
Mais rien n'assure que la variante Saint-Léonard soit réalisable. La ville de Fribourg, qui doit se prononcer bientôt, a déjà réagi défavorablement. C'est absurde d'opter pour une variante qui ne repose sur aucune analyse sérieuse, soutient Claude Masset. Le directeur de l'Edilité mentionne entre autres inconvénients majeurs les gros problèmes de trafic que connaît déjà cette zone en raison de l'affluence qu'attirent les structures sportives, les commerces et autres. Les véhicules seraient de toutes façons bloqués dans la galerie, affirme le conseiller communal.
Quant à l'idée de remplacer le pont par une nouvelle jonction d'autoroute à Guin, M. Lâsser estime qu'elle ne permettrait plus d'atteindre l'objectif premier du pont: débarrasser le Bourg du trafic qui l'empoisonne et ronge ses murs.
A ce stade, il paraît improbable que le pont de la Poya soit soumis à la votation populaire en même temps que le contournement de Bulle, annoncé pour mai-juin. "Quelle que soit la solution retenue, on n'arrivera pas à ficeler le dossier du pont d'ici là", regrette M. Lasser en notant au passage que, si la Confédération ne subventionne qu'un gros objet à la fois par canton, rien n'aurait empêché Fribourg, une fois les deux objets approuvés par le peuple, de présenter à Berne le plus cher (Bulle) et de réaliser le meilleur marché (la Poya )
en premier.

Les objectifs sans le pont.

Le pont de la Poya est remis aux calendes grecques? Qu'à cela ne tienne, écrit Rainer Weibel (v) dans une F oposition déposée lors de a 'séance du Conseil général du 19 décembre et par laquelle il invite l'exécutif à développer un nouveau système de circulation, même provisoire, afin d'alléger le trafic en ville. II s'agirait, pour le conseiller général, de réaliser "75%
des objectifs du pont de la Poya sans réaliser le pont", au moyen d'interventions douces qui réduiraient, par exemple, la circulation motorisée individuelle aux heures de pointe afin de
libérer les axes "en faveur d'une CUTAF efficace, avec des cadences très hautes et une vitesse commerciale supportable".

 
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